Bonjour Bébert87,
J’ai appris aussi cette naissance, qui est la suite de la pétition aux états majors syndicaux.
Je ne porte pas de jugement définitif. Si l'action syndicale devenait le reflet de l'éparpillement politique de ceux qui veulent renverser le système capitalisme, en même temps que le champ d'influence de quelques autres qui ne veulent rien renverser du tout, ce serait la fin des haricots.
Tu dis qu’un tel front devrait « aussi stimuler une réflexion plus directement politique. »
Mais c’est bien ce qu’il fait, par exemple en dénonçant l’Europe « supranationale ».
Il y a là d’ailleurs une ambiguïté parce qu’on pourrait supposer que la France en est victime alors qu’elle en est un des principaux piliers.
L’exemple récent de Lactalis, premier industriel de collecte et de transformation en Europe, dans le conflit des producteurs de lait est très éloquent sur le lobbying français à Bruxelles et sur la question : qui dicte sa loi en Europe et à qui ?
La citation de Krasucky qui figure dans les statuts dit :
Comme le déclarait H. Krazucki quelques mois avant mai 1968 : « Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. »
En même temps la CGT de Krasucky a tout fait pour éviter une grève insurrectionnelle en 68 et l’a dit. Ce n’est pas une invention, c’est un fait aussi.
La référence à Krasucky fait évidemment écho à la référence à G. Marchais pour le PRCF.
Il ne faut pas reprocher à ce Front de rassembler des retraités, après tout on peut apprendre des anciens.
Mais le critère le plus important est le critère de classe, pas l’âge. Parce que du temps de Marchais, tous les communistes ne rêvaient pas du défunt Programme Commun de Gouvernement ni de l’Union de la Gauche.
Et ça posait déjà un problème, les immigrés...si on se rappelle la lutte des foyers SONACOTRA et un certain bulldozer*, entre autres.
Le collectif qui s’est transformé en Front syndical de classe a publié le Communiqué du 25/06/2009 de la Coordination nationale des sans-papiers en lutte.
Je pense qu’il faut juger selon les actes, en partant des besoins des salariés, et des précaires en priorité comme tu le dis très justement.
Parce que ce sont les plus exploités et les moins organisés.
Déjà dans les années 70 la polémique existait dans la CGT sur la question des augmentations uniformes ou au pourcentage par exemple. Il faut savoir si le syndicat se bat d’abord pour les cadres, les ETAM et les non grévistes ou d’abord pour les plus bas salaires, qui eux vont toujours au charbon.
C’est sur ces questions bassement matérielles qu’on peut se mettre d’accord ou pas dans le cadre de la lutte syndicale, et non sur les déclarations d’intention ou les étiquettes.
*Le 24 décembre 1980 la municipalité P«C»F fait détruire au bulldozer un foyer de travailleurs immigrés abritant 300 travailleurs maliens. Le maire Paul Mercieca est soutenu par Georges Marchais puis par une résolution du Comité Central du Parti.